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Cet article a initialement été publié par Jeune Afrique dans son numéro du 1er Juin 2021

La transition vers une économie sobre en carbone s’accélère à la faveur des plans de relance économique dont les objectifs à cet égard sont ambitieux. Or pour les économistes, la transition énergétique n’aura pas lieu sans les métaux indispensables aux technologies énergétiques bas carbone, ce qui place l’industrie minière et la RDC au cœur des stratégies mondiales de lutte contre les changements climatiques.

Parmi les métaux “critiques” figurent le cuivre et le cobalt dont la RDC regorge. Si la production de ces minerais est bien établie, tel n’est pas le cas du lithium, métal clé pour les batteries li-ion et les véhicules électriques. Les découvertes récentes suggèrent cependant que le Katanga pourrait abriter le plus grand gisement de lithium de roche dure au monde (Manono).

Le paradoxe de l’industrie minière est qu’elle incarne à la fois la vieille économie et la clé de voûte du “verdissement” de la nouvelle. À cet égard, la RDC est un cas d’école: sa gouvernance est régulièrement mise en cause alors que son potentiel géologique pourrait en faire une gâchette pour l’émergence d’un secteur minier qui soit tout à la fois catalyseur du développement socioéconomique et acteur de la transition énergétique.

Ces principes concordent avec la Vision Minière de l’UA et les critères ESG que banques et marchés examinent avec une exigence croissante, ainsi qu’avec la toile de réglementations extraterritoriales visant à garantir le respect des droits de l’homme et de l’environnement et la transparence sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement. La création récente de l’Entreprise générale du cobalt donne un exemple intéressant de dispositifs destinés à maximiser le potentiel offert par la transition énergétique en organisant l’exploitation minière artisanale du cobalt (qui représenterait jusqu’à 30 % de la production nationale totale).

Compte tenu des convoitises qu’attise le lithium, il est probable que les autorités congolaises décident de le déclarer substance stratégique soumise à un régime juridique et fiscal particulier. En effet,  l’article 7 bis du code minier révisé prévoit que si la conjoncture économique internationale le permet, le Premier ministre peut, en vertu de son pouvoir discrétionnaire, déclarer par décret certains métaux substances stratégiques. À ce jour, seuls le cobalt, le germanium et la colombo-tantalite ont ce statut, mais il conviendra de suivre avec attention l’issue des discussions en cours à la Chambre des mines de RDC sur l’évaluation du code révisé.

N’hésitez pas à vous adresser à Bertrand Montembault ou François Adao, ou à votre contact habituel au sein de HSF Paris, si vous désirez davantage de renseignements.


Translated from an article first published (in French) by Jeune Afrique in its edition of 1 June 2021.

The transition to a low-carbon economy is accelerating as a result of economic stimulus packages which have set ambitious targets in this respect. Yet, for economists, the energy transition will not happen without the metals that are essential for low-carbon energy technologies, putting the mining industry and the Democratic Republic of Congo (DRC) at the heart of global anti-climate change strategies.

Among the “critical” metals are copper and cobalt, of which the DRC has abundant resources. While production of these minerals is well established, this is not the case for lithium, a key metal for li-ion batteries and electric vehicles. However, recent discoveries suggest that the Katanga region may host the world’s largest hard rock lithium deposit (Manono).

The paradox of the mining industry is that it embodies the old, carbon-heavy economy, while having a crucial role to play in the new, “green” economy. In this respect, the DRC is a textbook case: its governance is regularly called into question, yet its geological potential could allow for the emergence of a mining sector that is both a catalyst for socio-economic development and a key actor in the energy transition.

These principles are consistent with the AU’s Mining Vision and the ESG criteria on which banks and markets are increasingly focusing, as well as with the web of extraterritorial regulations aimed at ensuring the protection of human rights, the environment, and transparency throughout the supply chain. The recent creation of the Entreprise générale du cobalt (General Cobalt Company) provides an interesting example of measures aimed at maximising the potential offered by the energy transition, by overseeing artisanal cobalt mining (which is estimated to account for up to 30% of total national production).

Given the increasing interest in lithium, it is likely that the Congolese authorities will decide to declare the metal a strategic substance, and in doing so subject it to a special legal and fiscal framework. Indeed, Article 7 bis of the revised Mining Code provides that if the global economic situation allows for it, the Prime Minister may, by virtue of his discretionary power, declare certain metals to be strategic substances by decree. To date, only cobalt, germanium and columbite-tantalite have this status, but the outcome of ongoing discussions in the DRC Chamber of Mines regarding the revised Mining Code will need to be closely monitored.

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Bertrand Montembault
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